FDM
Pour la fête des mères, offrez-lui Les Caliguliennes
Photo Elizabeth Prouvost /Texte Jacques Cauda
Maman
Chère maman sais-tu l’exaltation des selles
Lorsque tu portes la feuille bise du mûrier
Aux lèvres des sentines adonnées au sommeil ?
Et quand les feuillées (les moissons du noir
Le tourment des essaims les ordures légères)
Collent à ton être éperdu d’étrons ?
Chère maman sais-tu l’exhalaison des paumes
Lorsque tu portes la feuille noire du mûrier
Aux lèvres de ton cul abouchées au néant ?
Et quand les feuillées (les étrons des cieux
Le tourment des putains les salopes légères)
Expriment toute l’ordure qui ne passe plus par tes yeux ?
Chère maman sais-tu l’horizon du temps
Lorsque je porte en joie ton groin dans l’outre- tombe
Aux lèvres de ta mort adorable vert feuille ?
Et quand un monde bien neuf (ta carcasse idiote
Au pays du noir) avec l’air de rire est
Un bonheur vrai de te voir pourrir ?
Chère maman sais-tu ma pamoison qui chante
Lorsque je porte un toast au rouge vaginal comme
Aux lèvres-ciels faîtes de mon ivresse ?
Et quand je revis ta fin ( le suint la glue la fiente
Chutant flasques dans la boue) je sens ma soif inouïe
De boire la nuit toute ?
Chère maman sais-tu l’oraison qui fuite
Lorsque je porte le trou vomi dont je suis issu
Aux fonds bréneux de ta grasse puterie ?
Et quand la merde au cul je m’assieds fion nu
Dessus ( ton visage trop plein d’étrons
Qu’il a sucés en terre) pour me répandre
Par coliques en fleurs ?
Chère maman sais-tu la fenaison d’herbes ignorées
Lorsque tu portes encore tes restes pendant bas
Aux lèvres radiées chues en pétales morts ?
Et quand la bourbe ( la chair mêlée aux vers
mangeurs) s’allient à la viande sortie de ton oignon ?
Chère maman sais-tu la venaison des fleurs
Lorsque je porte le lilas gras folie des tiges
Aux lèvres du ténia qui occupe ton âme ?
Et quand la saloperie (avec l’urine mêlée
Au brun) distille un poison noir
Du trou à l’entrecuisse ?
Chère maman sais-tu l’exportation des chairs
Lorsque tu portes la maison de la fosse
Aux lèvres de ma langue qui descend sur ma bouche ?
Et quand je me rassasie de ma répugnance ( méduse molle
Viande fondue goule) venue de la glèbe où tu dégueules
ton être kilo par kilo ?
Chère maman sais-tu l’exhumation du con
Lorsque je porte la beauté avariée des mots
Aux lèvres de ton cercueil plein de vers grouillants ?
Et quand un festin du corps porté à la terre (de semence
D’os de rosace et d’artères) lève par la fissure
La grosse water dolorosa enfin bien nommée ?
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