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3 août 2016

Bunker

IMG_20160803_121639

L’assassinat fait oublier tous les malheurs

C’est comme un long traitement

A l’amour du sang et au culte de la souffrance

Sans scrupule

Il suffit d’avoir le temps de jalonner

Sa vie de meurtres délicats et

D’en tomber amoureux

On raconte qu’un jour

Qu’il chassait le gros gibier

Il accomplit

Son crime en chantant

Avec une volonté ardente

C’était un groupe de chiens 

et d’autres qui perdirent

La vie en laissant derrière eux

Une mélodie qui flotta

Longtemps dans l’air pur

P1220912 

Il a beaucoup d’affection

Pour les chiens

Il leur prépare du lait

Des biscuits et de la viande

Puis il dessine autour d’eux

Un cercle sur le sol

Il dit alors : «  Ce n’est pas humain

Mais c’est comme ça ! »

chiens 1

Ensuite il tire sur tous ceux

Qui en sortent

Il prend des pilules

Pour pleurer

Entrer en désespoir et

Plonger dans la nuit du mal

Dont il ignore tout

Tuer lui donne tant de joie bien

Et beauté

P1220904

Les échantillons de viande

Qu’il prélève sur ses victimes

Lui fournit une jouissance inouïe

Il le fait toujours sur des vivants

Il note

Le temps d’écoulement du sang

L’intensité du cri

La couleur de

L’urine et la densité de la merde qui coulent d’abondance

Sous le supplicié

En marge de ses crimes

Sa vie est une suite de rencontres

Inattendues

Il y a les chiens

chiens 2

Et il y a les oiseaux

Qu’il enferme dans des cages

Sans eau et sans nourriture

Pour les regarder mourir

En se goinfrant

De vers bien juteux

 

Les chiens les oiseaux

Et les fantômes

IMG_20160803_121658

© Cauda, texte extrait de Bunker N°4, éditions Jacques Flament

&

© Darrot, images extraites de Le règne analogue (exposition à la Maison Rouge, Paris)

 

 

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