CHRONIQUES – Novembre 2015 – Dossier de Presse 2015

L’exposition « CHRONIQUES » qui aura lieu au Bastille Design Center à Paris  du 11 au 15 novembre 2015 est actuellement en préparation.

Bastille Design Center   74, boulevard Richard Lenoir    75011 Paris      T : +33 (0)1 48 06 67 99       bastille-design-center.com

Le dossier de presse est téléchargeable ici : dossier de presse

Pour télécharger les oeuvres des artistes participants voir plus bas.

Pour plus d’informations contacter :  Notre attachée de presse

CATHY BION
Relations presse
Tél. 01 42 55 95 99 / 06 13 46 76 59

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Les projets des artistes qui associent leurs oeuvres à des textes d’écrivains vivants : journalistes, auteurs, poètes, créateurs de chanson…

 

BASTIDE Claudie   –   Artiste plasticienne

Tél : +33(0)608911889      claudiebastide.wordpress.com                                                                      Symphonie poétique  116 x 178 cm

Texte : LE CLAVIER DE PAPIER   de   JUDITH BIZET      éditions Lulu .comclaudie-bastide-symphonie-poetique-116x178
« Il entrait dans la beauté du beau. Un monument ! Plus qu’un simple mot ou une sensation, il aurait aimé le matérialiser pour voir de quoi il était fait, à quoi il répondait. Mais le beau ne se prend pas quand la musique s’arrête. Aussi insaisissable qu’une émotion. On peut juste le toucher du bout du cœur, le ressentir. Il est intérieur. Sans substance, il peut néanmoins éveiller un trouble, faire verser des larmes de bois pour en faire des violons. »
Chapitre 8

« Ses doigts caressèrent d’abord les touches blanches qui, soumises à son talent, glissaient voluptueusement sous son désir de jouer. Puis, ils avancèrent entre les noires, qu’ils frôlèrent du bout des ongles, pour en cerner le contour ; les apprivoiser. Avec jouissance, il effleura l’arête, du bord de leur petit pan coupé, qui se repliait sur les blanches attentives …Et dans un mouvement superbe du corps, de la tête, réalisant qu’il allait être entendu pour la première fois, il enfonça ses mains dans le plaisir annoncé du clavier d’ivoire, pour y laisser couler son génie. Il flottait dans un nuage de musique. Accompagné par les anges, son esprit était en prise directe avec l’inspiration. Il frôlait Dieu du bout des doigts… »
Chapitre 20

« Certaines notes entre deux mesures restaient en suspension, retenues par l’émotion, d’autres faisaient du trapèze sur un arpège. Il y en avait partout. Elles marchaient sans trébucher sur la voie lactée, sautaient au cou des étoiles éblouies par la musique du maître, grimpaient sur le petit et le grand chariot, pour enfin partir en chantant le grand air de l’Atouta vers une autre galaxie. Un délire lyrique à la démesure du théâtre. »
Chapitre 22

 

 


CHAPIN MASSEY Marilyn   –   Peintre

mcmassey.wordpress.com                                                                  «  Rue Saint-Séverin  »  acrylique sur dibond, 40 x 40cm.

Texte : poète américain et romancier, Deborah Bogen  –  elle a écrit deux poèmes originaux, Rue Saint-Séverin et In English, We Call This Heaven.

Dirt and hunger. Foreheads burnt, no, branded by heat. Backpacks. Paper cups. Bundles that are everything we own. Beneath the gargoyles, our babies sleep.
We used to have houses. Once we had windows. Now we live at the edge of the world where sometimes at night the Shade lifts his blade. Still, we must rest. We must sleep. We turn away, tucking ourselves into our skin, ignoring the feet that pass.
And no one stops. No one tells us stones are not pillows. What prophecy hides in the blur of our breathing? Something is here. And something is coming.

 

 

 

 

 

 

 

 

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BION Cathy   –   Photographe plasticienne

Tél : +33(0)6 13 46 76 59           cathybion.com                                 «  Douarnenez  »

Texte : Extrait du poème de Michel CAPMAL, poète, publié dans son ouvrage « Nous avons perdu les hautes terres, notre errance est infinie » – Ed. Le chemin brûlé

« Nous avons perdu les hautes terres… Et notre errance est infinie.
Ainsi, seuls ou par groupes éphémères au plus près des lignes de fuite.
Là où se rejoignent et se superposent les deux mondes.
Coulées de lave et veines souterraines de métaux rares.
Alliages incomparables. Conscience et mémoire déposées par les étoiles.
Or et vif argent, mercure blanc et cuivre rouge.
Feu des volcans et vents solaires.
A chacun de nos pas se réajustent puis se disloquent à nouveau des perspectives opposées.
Du cœur de la Terre au plus lointain au-delà des étoiles.
Très peu de temps désormais, pour redécouvrir, raviver, réunir ce qui peut l’être encore d’un très ancien et irremplaçable savoir …».

 

 

 

 

 

 


CURRAO Estela   –   Peintre

estelacurrao.net                                   » l’homme hors de lui  »      100 x 81cm

Texte : Valère Novarina  –  Lumières du corps  –  L’homme hors de lui (pag.77)

138. « l’homme », partout et de plus en plus, se limite à sa tête humaine, se filme nuit et jours en gros plan, s’affiche partout de la même façon, se réduit à l’identité de son visage et oublie l’entièreté de son corps, répète de lui-même la même image semblable à l’infini ; cet homme reproduit et répété à l’infini, il faut peut-être le représenter maintenant d’un idéogramme, d’un croisement de bambous, d’un animal à l’envers, des cinq personnes à la fois, d’un acteur morcelé, d’un trait jaillissant, d’un pas  de danse, d’un tatouage de la terre, d’une phrase en moins…Au moment où s’étend partout l’empire de l’humanisme obligatoire, l’auto-idolâtrie, c’est la figure humaine, Adam, la pauvre figure humaine au sol, qu’il faut ramasser, recueillir ; elle demande à être de plus en plus évidée et creusée. L’homme demande à être représenté dehors, mis hors de lui, représenté en danse et en autopsie. Encore une fois mis hors de lui. Il faut le représenter dans sa danse et son autopsie, avec le langage à l’extérieur ; il faut le représenter à l’envers, ouvert, portant le langage, offrant devant lui ouvert son corps de langage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


DALLE Marc   –   Peintre

+33(0)6 15 42 35 42               www.marc-dalle.com                                                                                                              Chroniques de danse

Texte : Pierre-Marie Beaude,  écrivain et chercheur

moines_marc_dalleDanse des ibis sur la montagne sacrée, parades nuptiales aux deltas des rivières, Euterpe a pris sa flûte.

Dansons, dit-elle. Les dieux sont des oiseaux.
Et les hommes s’inventèrent des ailes, comptant bien s’envoler après trois pas de danse. Ils chutèrent. Punition du ciel, dit un clerc. Eurêka, dit un physicien devant son pommier.
Alors les hommes, avec gravité, s’obstinèrent. Leurs chamans dansèrent les nuages et la pluie, les démons, la tortue et l’ours notre ancêtre à tous. Ils lancèrent sur les ponts d’ingénues farandoles. Ils dansèrent le vin fort et l’amour, Eros et les corps enlacés, jubilatoire pied de nez à la Faucheuse du bal des transis, pendant que frère Angelico, sur les murs du couvent, invitait un ressuscité, le temps d’un pas de danse.
 

 

 

 

 

 


 DUJON Christiane   –   Plasticienne

Texte : Louis-Michel de Vaulchier,  poète plasticien

Course avec les rasdujon-de-vaulchier-duo-01

De mes pieds jusque là-bas, accourant par derrière ou fuyant par devant, une multitude de futurs horizons attendent leur tour. Dans la lumière rasante d’un soleil couchant, ce champ, ces champs, d’autres champs, plissent, lentement soulevés par les vagues successives des ras. D’un commun mouvement uniforme, sillons de terre labourée, crêtes des hautes herbes alignées par le vent, rides cuivrées à la surface des étangs sont continûment roulées jusqu’à l’horizon.
Après m’être laissé tomber puis glisser dans la meute je rampe à même le sol dans l’intention de m’approcher. Je veux savoir. Et c’est pourquoi cette marche me convient dans la compagnie des autres qui s’enfuient. En lignes serrées nous progressons silencieusement par rangées sombres et veloutées. Multiples écorchures dans les herbes. Nous ne sommes pas tranquilles. Nous ne parviendrons jamais à être tout à fait de la même race, quoique je m’y applique au mieux. Et dans les vibrations de la lumière tombante nos corps plats s’agitent inquiets, égaux devant le prochain basculement. S’ils peuvent m’aider à comprendre la vraie nature de l’ultime horizontale, en retour je raconterai leur course quotidienne.
Je traîne un stylo et beaucoup d’horizons, dans une éclaircie des nuages épais, dressent leurs queues noires, plus ou moins raides, plus ou moins inclinées, plus ou moins arrondies, plus ou moins serrées, plus ou moins enlacées. Il y a là-bas des allures de mots et des appels criés de trop loin pour qu’on les entende bien. Tout reste donc assez obscur. Lorsque je finis par me redresser, le souvenir des événements vécus dans la compagnie des ras demeure intact et je reste définitivement rempli de l’expérience horizontale… Quoi. Quoi. Les corbeaux se rassemblent au-dessus, traits à traits, pointes de flèches toutes dirigées vers une côte. Car l’horizon n’est pas une ligne mais un bord par-dessus lequel bascule le paysage…

(texte extrait de « Physique de l’Horizon » éd. Passage d’encres » 2013)

 

 

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FONTAINE DE LA MARE   –   Plasticien

+33(0)6 72 85 79 72              www.fontainedelamare.odexpo.com                               Chronique mythique de la rue de la Mare

Texte : Maria Claudia Galera, anthropologue littéraire, spécialiste des mythes de Paris. 

Cʼétait Maurice qui vivait là au 58.

Tous les soirs, il ne revenait dans sa mansarde que trop tard. Ses manuscrits se trouvent dans la cave tout humide. Il était copain avec Zaza qui à son tour fréquentait Barsky, pensionnaire à lʼhôtel de la Gare. Celui-ci raconte encore au bois-charbons chez lʼAuvergnat comment il a été mordu par un chien.

Simone aime bien lʼécouter. Elle chuchote à Yves une chanson révolutionnaire, chaque fois que Casque dʼor arrive avec Manda rue des Cascades, en chantant «Le temps des cerises» chez Louise Michel.
Pérec y a caché la queue du diable, Piaf y a trouvé la fleur du mal, Fréhel y a oublié son âme, Barbara y a laissé un soupir, Chevalier y a goûté son premier baiser….

Mais il y a, il y en aura tant dʼautres que ce sera toujours…
la rue de la Mare et Bellevilʼmontant !

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KOECHLIN Marie-Danielle   –   Plasticienne

Tél : +33(0)6 76 30 27 76                www.mariedanielle.net                                                                                         Projet non définitif

Texte : Hélène Warnery, poète.   Nous travaillons sur le thème : « Le viol, arme de guerre »

Quel est cet aven où se versent mes larmes ?
Quel est ce précipice où ma peine se perd ?
Quel est ce gouffre où se glace mon effroi ?
Quel est cet abîme où vacille ma folie ?
C’est ton ventre

Qui es-tu fille, sœur, épouse, mère, fillette ?
Qui êtes-vous ombres passantes du J.T ?
Qui êtes-vous dans le voile de votre sang
Gisant au dépotoir des continents ?
Ventres ouverts

Vous êtes l’orgueil de la kalachnikov
Vous êtes le rire cynique de la machette
Vous êtes le délire sacré des massacres
Vous êtes la rage d’orgasmes du MALe
Au néant de ses tripes

 

 


LEONARD Magali   –   Peintre

magalileonard.com                                                                                                                                                            haÎjin contre le nucléaire

Texte : Monique SERRES édité aux Editions Pippa dans un recueil de  Haîkus franco-japonais bilingue :  « TRENTE HAÏJINS CONTRE LE NUCLEAIRE » PIPPA EDITIONS 2015

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 MAIGNE  ALINE  –   Peintre – graveur

Tél : +33(0)6 62 05 77 42      aline-maigne.odexpo.com                                                    panneau papier de 150 x 100 se divisant en 3 parties. Technique mixte

Texte : Texte extrait de « Passagère du silence » de Fabienne Verdier

Le texte est incorporé  à l’oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 MASTERNAK  Dany   –   Peintre – techniques mixtes

Tél : +33(0)6 87 48 33 15                                                                                                                 « Qu’allons-nous transmettre à nos enfants ?… »  photo non définitive

Texte : Nicolas HULOT,  extrait de  « Pour un pacte écologique »   Editions Calmann-Lévy

« L’activité humaine est en train de bouleverser les équilibres naturels qui ont rendu notre planète habitable – des équilibres qui ont mis des millions d’années à s’instaurer.

Le compte à rebours a commencé. Pour d’innombrables espèces animales et végétales, il est déjà trop tard. Quant aux hommes, ils sont des centaines de millions à souffrir de l’affaiblissement de leurs ressources et de la pollution, et seront demain encore plus nombreux à être victimes des dérèglements climatiques qui les chasseront de leurs terres et les pousseront à émigrer vers le nord, où les attend une autre forme de misère (….)
Au XVIII° siècle la France des Lumières montra au reste du monde que l’homme pouvait prendre en main son destin. Elle peut à nouveau être à l’avant – garde d’une mutation essentielle pour le genre humain (….) Agissons ensemble avant qu’il ne soit trop tard. »

 

 

 

 

 


 NASSOY  Daniel   –   Photographe

Tél : +33(0)660252945            danielnassoy.com                                                                                               “Liberté et homosexualité” – Maroc et Algérie

Texte : Jacky FOUGERAY  ancien rédacteur en chef du Gai Pied, crée le magazine Illico en mars 1988

crea-passworld-maroc-algerie-20x30Il y a quelques mois, le news magazine marocain Maroc Hebdo publiait une Une jugée homophobe à la suite de différents événements survenus dans le pays mettant en cause la pénalisation de l’homosexualité.

L’hebdomadaire interrogeait le lecteur sur sa couverture avec un titre choquant « Faut-il brûler les homos ? ». Cette Une avait suscité de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux, notamment la page Facebook du magazine témoignant de l’existence d’un débat bien vivant au sein de la société marocaine.

Dans ce pays de 34 millions d’habitants où l’islam est religion d’Etat, on sent poindre un mouvement moral d’abord tel que la société française en a connu il y a seulement quelques décennies sur le même sujet. L’homophobie « à la française » d’alors n’était pas forcément plus douce que ce qu’on découvre des réactions hostiles au sein de la frange conservatrice qui domine encore largement l’opinion au Maroc.

Derrière des slogans effrayants, des actions de harcèlement ou la main de la justice officielle, se révèle néanmoins une incontournable réalité. Cette visibilité de l’homosexualité qui est le prélude – souvent violent – à l’émergence d’une tolérance à venir, d’une acceptation future et, enfin, d’une intégration légale.

Il n’y a de pire enfermement et de pire négation que le silence absolu sur l’homosexualité. Le « réveil » – même hostile à ce jour – des sociétés africaines vaut mieux que le silence de mort qui y a prévalu des décennies durant. Il signifie que ces sociétés rejoignent le concert mondial des droits humains et en particulier celui des droits LGBT.

 

Texte : Pierre Borhan, écrivain, journaliste, historien de la photographie, commissaire d’expositions français

Les Cartes du corps de Daniel Nassoy s’apprécient d’abord pour leur qualité esthétique : physique des modèles, cadrage, éclairage. Elles offrent des hommes magnifiques à la délectation des admirateurs de la beauté masculine. Elles attestent que cette beauté – heureusement riche de variations — n’a pas de frontières, comme le confirment les cartes géographiques et les drapeaux nationaux que le photographe associe aux chairs dénudées. Mais les homosexuels, honnis pendant des siècles pour leurs étreintes partagées avec leurs semblables, ne sont pas pareillement considérés d’un pays à l’autre. Aussi Daniel Nassoy confère-t-il à son atlas une dimension politique. Il intègre les inégalités de traitement subies par les gays dont les plaisirs charnels et les élans du cœur sont, selon les États, légitimes, tolérés, interdits, voire sévèrement punis. Sa cartographie est empreinte de dogmes, d’oukases religieux qui orientent les mentalités, les mœurs, et condamnent des préférences sexuelles qui relèvent pourtant, naturellement, du genre humain.
Les Cartes du corps s’inscrivent dans une perspective historique des doctrines, des croyances et utopies, et finalement du droit qui s’impose à chacun. Après avoir adopté le Pacte civil de solidarité (PACS) le 15 novembre 1999, la France a autorisé le mariage « pour tous » par une loi du 17 mai 2013 qui ne met pas fin à toutes les stigmatisations, mais les atténue, les fragilise. Enfin chacun peut a priori goûter l’agrément d’être lui-même. Son amour réciproque accède – à quelques réserves près — au droit commun. Le mariage entre personnes de même sexe consolide l’égalité juridique de tous. Il n’est pas un fait d’arme. Il est un fait de justice.


PELLECER France-Noëlle   –   Peintre et photographe

+33(0)6 33 49 47 62          france-noelle.pellecer@wanadoo.fr

Texte : Jacques Cauda    écrivain.

Tijuana

fille 1 Mexique (caliente) homme 3
policia avec chiens chauds et musique
quand les oiseaux noirs
sortiront de l’accordéon
je te rendrai invincible
par ma défaite

Te haré invencible con mi derrota
portée en triomphe
pour un rendu à la vie éternelle

homme 1 zèbre 1  homme 2

 

A dada rue Picabiadp-fcp-aaab-60x80
Sur un vélo sans jambes
Qui roule ses chaussettes sur le trottoir

De quoi se pare la vérité ?
D’une nappe de soleil
Empreinte dans un ciel de cils ?
De la pensée d’une lueur
A la pupille brûlée
Qui meurt vite sur le mur ?

Une petite fille dans sa belle robe d’été
Alice à visage découvert

Le souffle d’une femme
Dont les jambes sont visibles

La photographie est un jeu avec la neige dans la nuit
Les filles posent des paysagesdp-fcp-60x80-filles-1
Qui dansent sur le devant de la rue

Un visage dans ses cheveux
On dirait un visage
D’un œil au seul regard

« Ô Mademoiselle mon cœur »
à la bouche parfumée
laissée au vent du voir
c’est ça la photographie

Cuisses nues dans la poussière
Papiers de filles
Dans le blanc des yeux par les yeux

Clicdp-fcp-reporter-60x80-graff-20em
Des hommes comme des avions
Volent des images
Sur le rebord de l’œil
Clash !

Des images
Sur le pas des portes
De l’imagination
Clic !

Sur le mur
Des images qui ont déjà
Tout imaginé
Clac !

Des images surprises
Sur le mur
Habillé en photographie

Des images
A surprendre en photo
Sur le mur
Du déjà-vu

Des images


PIOLAIS Rosemary   –   Peintre et graveur

+33(0)6 80 06 89 65          rosemarypiolais@gmail.com                                                                                                                          « Le Choc » 180 x 100 cm, acrylique sur toile

Texte : Nathalie Piolé    Productrice à Radio France.

Avant, elle ne peignait que les visages. Elle s’était rendu compte que la vérité des gens se cachait dans leurs yeux. Alors elle peignait les rides, les peaux, les pleins et les vides de tous les humains qui croisaient son chemin.
De fil en aiguille, elle était devenue portraitiste. Les volontaires se bousculaient à sa porte. Fiévreux, frémissants, tous voulaient que la dame aux pinceaux leur tire le portrait – on murmurait que ses coups de brosse sur la toile débarrassaient les soucis et équilibraient les beautés les plus incertaines.
Jusqu’à ce qu’elle s’attaque à l’inattaquable.
Un matin de janvier, elle ferma sa boutique et décida de tirer son propre portrait.
Elle ne put le terminer. Ses yeux, toujours, ses yeux changeants, brûlants d’une flamme étrangère, ne se fixaient pas sur la toile.
Vingt fois, trente fois, elle scruta son miroir, évaluant ses contours, raidissant ses traits. Vingt fois, trente fois, elle apposa sa matière, travaillant ses couleurs, précisant ses lignes. Son reflet ne lui cédait rien. Son visage se défilait. Son visage la défiait.
La dame aux pinceaux ne rouvrit pas sa boutique. Fini les portraits. 
 »Je tourne le dos aux yeux, et aux visages qui les entourent », inscrivit elle sur sa devanture.
Mais les gens, avides de posséder une toile de la dame aux pinceaux, commencèrent à lui présenter leur dos.
Plus d’yeux, plus de visage, plus de creux, mais des dos.
Elle-même se mit très soudainement à le sentir, son dos. Son dos qu’elle étirait, après des heures passées devant sa toile. Son dos qu’elle ne pourrait jamais voir entièrement, mais qu’elle devinait, et qui l’accompagnait à chaque instant. 
Les dos s’échappaient mais disaient une autre vérité. Les dos portaient les mots bien plus simplement que les visages. Les dos ne cherchaient pas à vous regarder. Ils montraient. Comme un humain pointant son doigt vers le ciel.
La dame aux pinceaux se rendit compte que la vérité des gens se cachait dans leur dos.

 

 

 

 

 


RACH’MELL   –   Plasticien

Texte : des mots détournés …

suicide300         ouvert300         loucher300

 

incognito300        grosalcoolo300           explosif300            

 


ROQUE  Marie-Christine   –   Peintre

                                                                                                    Chronique d’un jour annoncé.
(Et demain ?)

Texte : Vincent Munié, Journaliste spécialiste de l’Afrique, scénariste, réalisateur             

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Huile format 90X65 : Ecrits oubliés

Sur la place, le soleil a encore une fois décidé de l’ambiance.

Il fait la loi. Ce matin, il avait assommé tout le monde. Personne ne se risquait plus à la traverser. Quant un héros en venait à sortir de la mairie vers l’hôtel de la gare, son ombre s’allongeait, interminable contradiction avec le zénith. Longue contraction de l’invisible.  Air plombé d’un bleu sélène, sous-exposé, cet été est-il réel ? Est-il minuit ou midi ?  Tout est en suspens. Depuis la table de la terrasse,  le centre de Saint Junien s’est figé en une toile métaphysique.
Et puis ils sont arrivés. Tonnerre  de cris virils portés par le rugissement de leurs camions. « Diekman ! » Petite basse-cour vert de gris. Un vociférateur ivre. Il s’assoit avec d’autres sur la terrasse. Rire gras et anisette, les voix s’amusent de leurs rugosités allemandes. Promesses du sang, mais  le soleil n’offre plus qu’ombres et  lumières : il dévore les couleurs. Uniforme noir, seules les runes brillent à son cou.« Diekman ! » Derrière l’église, le jaune des  blés s’est muté en un ocre tragique. Le chef  face à sa carte. Il éructe, s’énerve seul et donne des ordres, le male c’est lui. Lumière d’éclipse.
À 13h30, dans un espace électrique, les camions sont partis. Silence immense. Aujourd’hui, ce 10 juin 1944, ici il ne s’est rien passé. Et demain ?

 

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Huile format 90X65 : Horloge du futur

Les grands vents se tenaient immobiles, alors  que l’empreinte digitale de chaque de nos jours s’empilait en des mots, pile en des maux, de tête. Traversée sans retour, la haute mère nous épuise.
Amers remarquables, hautains, hauturiers. Bombons le torse et faisons saillir nos côtes devant la houle infinie, tandis que la tour de nos récits y vacille. Vent sombre, Albe, Sequan Ponant, Levant. Ici, l’Autan casanier lissaient inlassablement le littoral pour y perdre comme les autres le nouvel arrivant, petit accroc sur l’horizon. Pauvres témoins de notre propre dérision. Héros de nos romans sans lecteur, alors que nous avions seulement faim. Sédentaire ? Alors les crocs. Retrouver à tout prix notre consolation, embarcation de fortune où chacun se dévore en croyant se baiser : Nique ! Ta mort annoncée.

 

 

 

 

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Arbre aux chroniques : 65x54cm huile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


ROUCHOUSE  Christian   –   Photographe

www.rouchouse.wordpress.com                                                                                                                                             série « Irradiés » .   compositions numériques

Texte : reseau-sortir-du-nucleaire 

 

Ils sont 22 000 à travailler dans les 19 centrales nucléaires de France. 
 22 000 salariés précaires embauchés par les entreprises sous-traitantes d’EDF pour assurer notamment la maintenance et l’entretien des installations. 
Ce sont eux qui assurent les tâches qui comportent le plus de risques, et les travaux les plus exposés. Ils reçoivent 80% des doses annuelles de radioactivité, contre 20% aux agents d’EDF. Ils ne sont pas pris en compte dans les études épidémiologiques officielles. Trop peu formés, trop peu payés, beaucoup sont des travailleurs nomades qui enchaînent les contrats, de centrale en centrale. Pour conserver leur emploi, ils sont poussés à prendre des risques avec leur santé, mais aussi avec la sûreté des installations. 
Notre sécurité est entre leurs mains.

« Cet homme est un homme invisible.

Il ne tourne pas dans une série TV mais travaille dans le nucléaire.
Il est en danger de mort … »

 

 

 

 

 

 

 

 

 


ROUSTIT  Mireille   –   Plasticienne

mireilleroustit.123siteweb.fr                                                                                                     LES REBELLES , LES INSPIREES , LES MYSTERIEUSES, LES VISIONNAIRES

Texte : Gwenola SANQUEUR, écrivaine, conteuse, comédienne             

WANGARI MAATHAI

Peut-être es tu née dans le creux d’un arbre ?
Toute ta vie digne fille de la nymphe
Tu as porté haut les couleurs du peuple végétal
Sans relâche, tu as repoussé le désert des terres kenyanes
Tes mains ont planté une myriade de graines
Les arbres, protégés par tes soins, ont grandi
Ultimes défenseurs d’une terre en souffrance.

CLAIRE NOUVIAN

Un corail en guise de berceau
A l’ombre de ses branches, tu as grandi
Au service du peuple sous-marin
Infatigable, tu dévoiles au monde
Les richesses insoupçonnées des profondeurs océanes
Ses richesses bafouées et détruites par la pêche aveugle
Des hommes à la recherche du profit .

 

 


SCHMALJOHANN Traute   –   Peintre

   www.traute-schmaljohann.com                                                                                                      Champs d’action dans l’ocre écrit

Texte : Tauban, poète              Peinture : «  Champs N° 46 « ( 90 x 116 cm ) Acrylique et collage sur toile

Ocre écrit, noir griffé
les batailles fauves dans les hautes herbes sous le cielchamps-46-traute-schmaljohann
les flèches, les jougs, les piques, les lances et les fers
les silhouettes noires essaiment
l’hirondelle sombre dans des filons d’ivoires lumineux
et des nids de parchemins enluminés où les enfants infinis sans répit colorient :
l’armée des plumes, des pollens, des graminées
de nos cabanes, de nos osselets, de nos colliers de mots charbonnés
le colporteur joyeux chemine dans les pailles jaunes et les broussailles chaudes,
la messagère sage et la confidente patiente s’immobilisent
le tableau à flot, dans les terreset dans les airs dévoile une plage de sables, une plainte, une révolte,
un chœur et les couleurs qui guettent et veillent
un outremer, un Véronèse, un cobalt
un orange, un indigo, une garance
une terre de Sienne brûlée, une terre d’ombre naturelle
Ocre jauni, noir griffonné.

 

 

 

 


TAFOYA Jaime   –   Peintre

   www.jaimetafoya-peinture.com                                                                                                      

Texte : Ana Paula Sánchez-Cardona, écrivaine                                                                                                                 Autochroniqueur

Le ciel des aveuglesautochroniqueur-mixte-tafoya15
Frontière du Mexique. – Les femmes de l’Amérique centrale, les mères des migrants disparus, qui conforment l’organisation « Mères sans Frontières », se joindront aux dizaines de personnes qui marcheront aux États-Unis dans la « Croisade ouvrant les Portes à l’Espérance », convoquée par le religieux et défenseur des droits des migrants, le mexicain Alejandro Solalinde. Comme elles l’ont fait en 2012, quand elles ont parcouru 14 régions et 23 villes mexicaines, elles porteront les photos de ses fils, de ses êtres aimés « et
beaucoup d’expectatives », avec l’unique objectif de trouver ses parents disparus…
… disparus
dis parus
fantômes aux jaunes cieux
éclairs
ciel pour les aveugles c’est la lumière que rétrécit l’horizon
vise
aperçu
vix lumináre
juste ton chemin commence
femme mère
le désert c’est le sein par lequel passe tous les sentiers de ta recherche
persistante attente
scintillent dans la ville les chambres dans lesquelles les anonymes se regardent
au miroir
en lisant dans ses yeux le destin de ceux qui manquent.