Surfiguration
Par le truchement du rêve, le sommeil m’apparaît comme l’un des meilleurs moments à vivre à deux, dans cette douceur des corps devenus cinématographiques et qu’on entend marcher pieds nus dans sa tête. Les corps, au cinéma, sont des images de la langue que nous devenons dans nos rêves. Et des images qui, pour muettes qu’elles soient, s’entendent marcher pieds nus, sans autre effet que celui du langage.
Exemple : « la nudité a créé le mot « femme » à son image ». Ses fesses sont contre moi qui rêve qui l’embrasse dans le cou. Plus loin, les yeux de plus en plus enfoncés dans mon rêve, je l’entends poser ses cheveux sur mon ventre, en même temps que sa bouche m’apparaît (comme) posée sur une table recouverte d’une nappe blanche derrière laquelle « des couches épaisses de couleur appliquées les unes sur les autres , et dont l’effet transpire de dessous en dessus », m’emportent, au fil du rêve qui me ligote à moi-même, dans un souffle devenu nuage où je me réfléchis à la manière d’une couleur sur un miroir .
Extrait de Vox Imago, texte et pastels de Jacques Cauda.

