25 mars 2008

SURFIGURATION

Le geste surfiguratif a pour ambition première de re-faire l'amour avec la peinture, avec le monde par la jouissance qui fait que la peinture est la peinture parce qu'elle donne à jouir. Peindre est à concevoir comme phénomène érotique et le peintre comme amant. "L'amant n'aime pas tant pour être que pour résister à ce qui annule l'être", écrit Jean-Luc Marion, et " l'amour ne dérive pas de l'ego mais le précède et le donne à lui-même." Bref, le peintre n'aime pas tant pour peindre que pour résister à ce qui annule la peinture, et... [Lire la suite]
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24 mars 2008

SURFIGURATION

Dans une mise en perspective surfigurative qui de l'image photographique ou de la peinture occuperait ou le point de vue ou le point de fuite? La question, évidemment infondée, est absurde, elle relève même du n'importe quoi, mais de la poser nous invite à conclure que si, par extraordinaire, ces deux points se trouvaient à coïncider sur un même plan, ce ne serait plus comme autrefois par le seul effet d'une projection en miroir mais en imagination.
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23 mars 2008

SURFIGURATION

Peut-on encore qualifier l'art d'anticipatif et doter l'artiste d'un don de double-vue, prophète et voyant ? Adorno: "anticipation d'un inconnu..." Berenson: "modèles pour des générations futures..." Starobinski: "anticipation des changements de l'esprit collectif..." Kafka: " miroir qui avance..." Aujourd'hui que le regard, coupé de son histoire, gît au fond d'un urinoir, il semble plutôt que l'avenir n'est plus qu'au présent perpétuel et l'art au milieu. Un milieu sans début ni fin, sans passé ni futur, et aussi bien un milieu... [Lire la suite]
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22 mars 2008

SURFIGURATION

Poser le déjà-vu comme ossature d'une théorie (et d'une pratique) de la peinture a l'avantage d'en être déjà exclu. Voir est immédiat, alors que déjà-voir donne le recul, l'exclusion, nécessaire à toute élaboration du regard. Rien ne se constitue sans la distance dont le regard est l'auteur. D'autre part, écrire sur la peinture c'est aussi s'en faire regarder, car, comme l'écrit Jabès, "c'est l'oeil qui déclenche le vrai questionnement, l'interrogation des mille interrogations qui sommeillent dans la lettre" sous les traits d'un... [Lire la suite]
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21 mars 2008

SURFIGURATION

Paul Valéry distingue le regard de l'homme de celui du peintre: "L'homme vit et se meut dans ce qu'il voit mais il ne voit que ce qu'il songe." Quant au peintre: "il ne peut qu'il ne voie ce à quoi il songe et songe ce qu'il voit." Et aujourd'hui, qu'il est surfiguratif, ce qu'il voit le meut à toujours revoir ce qu'il songe comme ce à quoi il songe.
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20 mars 2008

SURFIGURATION

Le geste surfiguratif dit toujours la vérité sans jamais cesser de mentir. Son mensonge vient de ce qu'il SURreprésente le réel toujours égal à une image. De ces images qui sont comme la Viande Noire du Festin Nu, "si fabuleusement exquise et écoeurante". Le Peintre Mangeur s'en gorge puis la dégorge et s'en gorge encore jusqu'à ce qu'il s'écroule d'épuisement, la tête prise dans le berceau de ses bras, posée sur la table: le tableau.
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19 mars 2008

SURFIGURATION

Surfigurer c'est raconter une histoire avec un début et une fin qui détachent la figure du fond de peinture qui l'enveloppe et qui signe en cela l'absence de la réalité d'où elle a été extraite, en l'occurrence de l'image industrielle. Ainsi, la figure surfigurée ne se doit pas seulement à la ressemblance mais surtout à la présence masquée et signée par l'absence de cette image.
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18 mars 2008

SURFIGURATION

Jean Clair: "Dans son rapport au réel, ce que le regard envisage c'est le visage de son propre néant."
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17 mars 2008

SURFIGURATION

Le geste surfiguratif redonne un corps à la peinture dont l'histoire déjà écrite revient au monde.
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16 mars 2008

SURFIGURATION

Surfigurer est à entendre tel qu'on entendait figurer au XVè siècle: "Décrire un détour hors de la ressemblance et la désignation, entrer dans le domaine paradoxal de l'équivoque et de la dissemblance. Georges Didi-Huberman:" Chaque image offerte à notre regard ne se sera donnée, dans son évidence même, qu'à travers l'économie déconcertante de paradoxes toujours noués à d'autres paradoxes. Chaque image ne se sera donnée que comme l'intensité affolante, souvent sublime, d'une simultanéité contradictoire, d'une réunion d'ordres... [Lire la suite]
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