10 mars 2008

SURFIGURATION

Théophile Thoré (dit William Bürger) (1807-1869): " Pour l'homme étendu mort dans le cirque des taureaux, il est impossible que Manet n'ait pas eu quelque "seconde vue", par des intermédiaires quelconques, s'il n'a pas visité la galerie Pourtalès où est le chef-d'oeuvre de Velasquez. Est-ce qu'il n'y en aurait pas une photographie dans la collection publiée par MM. Goupil? Il nous semble même qu'il y en avait une eau-forte à l'une des expositions précédentes. Nous consignons toujours en passant que la peinture de Manet n'est pas un... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 06:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 mars 2008

SURFIGURATION

L'artiste surfiguratif n'estime que les arts plans. Il rejette la sculpture et l'architecture. Au théâtre il préfère le cinéma, et à la danse Fred Astaire. Il vomit l'installation. De la photographie, complice, il s'amuse et se sert, complice, des écrans. Il aime aussi les pages rectangulaires de toutes les littératures, la sacrée comme la profane. Avec un goût marqué pour la première qui a l'avantage sur la seconde d'attabler la peinture à la mort: "Si Dieu peut accomplir des miracles à travers les os, il est clair qu'il peut... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 06:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]
08 mars 2008

SURFIGURATION

Le geste surfiguratif agit de la même manière que Manet quand il peint Olympia en regardant (en surfigurant) la Vénus d'Urbin du Titien. Daniel Arasse dit qu'il en accentue la planéité. "Alors que Titien jouait encore sur la profondeur, et que la planéité se jouait entre deux espaces. Manet s'approprie le tableau et il en fait un des actes de naissance de la planéité en peinture." Il ajoute:" L'artiste est naturellement anachronique, il s'approprie les oeuvres du passé et c'est son devoir."
Posté par jacques cauda à 05:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
07 mars 2008

SURFIGURATION

L'image photographique a mauvais genre, elle est le reflet de ce que Castiglione appelait la pédanterie de l'exactitude, et à laquelle il opposait le principe de suggestion. Elle copie, à l'envi, les moindres accidents que le nature impuissante à corriger répète inlassablement. Mais elle le fait sans faille, sans erreur, sans accident. Autrement dit, elle rend l'imparfait à la perfection. Aujourd'hui numérique, on lui a décerné le titre d'artifice jusqu'alors dévolu à la peinture, et considéré par Vasari comme le seul antidote au... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 06:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
06 mars 2008

SURFIGURATION

La photographie ne questionne jamais la mimêsis, elle ne se demande pas ce qu'il faut retenir, ni comment le faut-il: ou en totalité, ou en partie? Elle enregistre tout, machinalement. Que penser alors de la surfiguration qui la prend pour modèle? Revient-elle à renouer avec la peinture d'imitation tant décriée par Baudelaire? Absolument pas! La surfiguration réinscrit la peinture au coeur de la modernité et rend à l'imagination l'imitation heureusement sacrifiée au désir de revoir "l'inchoatif d'un monde qu'il serait faux de croire... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 06:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 mars 2008

SURFIGURATION

Le geste surfiguratif "parle la peinture" dans une langue encore inconnue à la peinture. Les mots sont les mêmes mais leur sens a glissé vers un autre toujours dérobé. Ce glissement entraîne la surfiguration à présenter l'image à l'épreuve de la peinture, dont le visible à l'invisibilité provocante se dérobe lui aussi sans cesse. Faut-il préciser que l'appareil photo et la caméra ne produisent pas de visible (ce ne sont pas des lunettes) mais seulement des images?
Posté par jacques cauda à 07:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 mars 2008

SURFIGURATION

"Noé, le cultivateur commença de planter la vigne. Ayant bu du vin, il fut enivré et se dénuda à l'intérieur de sa tente. Cham, père de Canaan vit la nudité de son père et avertit ses deux frères au-dehors. Mais Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent tous deux sur leur épaule, et marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père; leurs visages étaient tournés en arrière et ils ne virent pas la nudité de leur père." Genèse IX, 20-23 Que l'image industrielle, photographique, cinématographique, etc, serve de modèle à la... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 06:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]
03 mars 2008

SURFIGURATION

Deux extraits de Jésus Rastaquouère de Francis Picabia: 1) Nous sommes dans un tube digestif. 2) Notre tête a deux besoins comme le ventre. Le premier éclaire d'un jour nouveau l'impératif eucharistique cher à la surfiguration:"avale et tu verras!" Le second enfonce le clou: le ventre commande à Jésus de rentrer par la bouche avant que la peinture ne Lui ordonne de ressortir par la tête.Tandis que les mains font le reste.
Posté par jacques cauda à 06:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 mars 2008

SURFIGURATION

Kandinsky écrivait, il y a près d'un siècle, en 1910, que la peinture était encore presque réduite à se contenter des formes qu'elle empruntait à la nature. Avec la surfiguration qui emprunte ses formes à l'image industrielle qui est à la nature ce que le poisson rouge est à son bocal: un centre du milieu d'autour, il ne s'agit plus d'une réduction mais d'une somme. Une somme théologique dont le total trinitaire ( centre+ milieu+ autour) est toujours égal à Un. Pour Kandinsky cette trinité est géométrique, c'est un triangle qui figure... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 07:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
01 mars 2008

SURFIGURATION

"Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne à peindre, hélas, sur les ténèbres...C'est Elle, Noire! Et pourtant lumineuse..." Baudelaire Peindre sur les ténèbres, peindre pour recouvrir l'image, l'obscurcir, la brûler et trouver dans cet acte cette lumière qui vient de l'obscur, cette lumière qui apparaît, tel est le palimpseste du geste surfiguratif. " D'emblée, le travail de l'oeil "mort" est travail de mémoire, rassemblant des traces pour faire advenir de l'Étre". Christine Buci-Glusksmann. Tons superposés, recouverts,... [Lire la suite]
Posté par jacques cauda à 06:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]