2028-1999_Cauda

PARIS EST UNE MERDE, roman en lecture, dont voici les premiers mots (homériques) :

"Vert pituite. Au commencement. Un vert, ténèbres posées sur les faces de la mer. Vert pituite. Avec l’idée de la morve qui coule de son nez comme la glaire venue du foie. La bile, crachée pendant son rêve. Il tourne et retourne dans son lit. Le cœur bat. Il pousse la porte de la nuit. Loin. Très loin dans le temps jadis. Il crie vers l’homme vêtu de grec. Vêtu de grec ? 

-       Monsieur Lestrygon ! 

Il crie son nom maintenant. Le nom du grec qui habite l’île. La mer devient bleue. Bleu-turquin. Quasi mauve. Mauve fontaine au bleu courant où tous viennent puiser. Entre deux caps. Qui se font vis à vis. Il revoit le festin horrible. Un festin d’antan qui s’efface pour un souvenir aigu de l’entrée dans la rade de Bonifacio. Les falaises abruptes, blanches, qui existent fort dans sa nuit. Blanche nuit antique.

-       Ils accourent par milliers, moins hommes que géants.

Il s’en souvient jusque dans son rêve. C’est L’Odyssée. C’est Homère.  Les Lestrygons cannibales qui lui bouffent le foie. Ses yeux cherchent une réponse. Ses yeux…

Il se réveille. C’est Bonifacio ? Il entend distinctement les mats des bateaux hurler au loup ! Il s’est rendormi. 

-       Un rôti purée à la Corse ! Et un demi. 

Goulée. Gorgée. Goulée. Goulegueule. 

La nuit continue en continu. Elle fait de lui son servant.

-       Viens ! Ta charogne n’ira même pas jusqu’au sépulcre. "