paul stuart

MG1_Cauda

Paul Stuart et Mallarmé

 

Quelques mots à propos de mon arrière grand-père Paul Stuart

 

Paul Stuart (1861-1914)


Paul-Aimé Stuardi débute à Lyon et développe sa carrière en France et à l’étranger : il devient d’abord le chanteur particulier du sultan Abdul-Hamid II, puis il part en Amérique du Sud. Entre 1904 et 1912 il est régisseur, puis metteur en scène lyrique exerçant en France et en Europe : Théâtre de Monte-Carlo, Opéra Comique de Paris, Grand-Théâtre de Bordeaux, La Monnaie de Bruxelles. Grâce à sa connaissance des pratiques théâtrales, il termine sa carrière en qualité de metteur en scène à l’Opéra de Paris sous la direction d’André Messager et Leimistin Broussan. Il est également nommé directeur du Grand-Théâtre de Bordeaux, mais la mort survenue, il ne prendra jamais ce poste.

 

Paul Stuart et Wagner


Pas plus qu’il ne souhaitait que des applaudissements viennent rompre l’écoute de son Festival scénique sacré à Bayreuth, Wagner ne souhaitait pas que l’on considère Parsifal comme un divertissement : il en interdit la représentation en dehors de la Colline verte. La volonté du Maître fut perpétuée vingt ans après sa mort par Cosima, n’hésitant pas à bannir de Bayreuth les chanteurs désobéissants. Il faut donc attendre 1914 pour que Parsifal entre pour la première fois à l’Opéra de Paris. Ironie du sort ! – cet opéra de la compassion et de la rédemption universelle, est créé au Palais Garnier l’année même où l’Europe s’apprête à basculer dans la Grande Guerre – sept mois avant l’assassinat de Jaurès qui assiste à la Première. André Messager, alors directeur de l’Opéra, dirige l’œuvre dans une mise en scène de Paul Stuart. Cette création française soulève immédiatement l’une de ces polémiques dont la critique de l’époque est friande : fallait-il arracher cette œuvre de recueillement à sa Colline sacrée pour la faire représenter dans un Palais Garnier si proche des grands boulevards ? Mais la controverse est vite balayée par l’éblouissement que procure la musique de Wagner : le public est envoûté, fasciné par ces leitmotivs dont on croit saisir le sens, mais qui se dérobent toujours à nous comme la signification du Graal au héros... « Il faut écouter Parsifal, il faut écouter et regarder et se laisser gagner par l’indicible émotion », écrit Gabriel Fauré dans Le Figaro

  

Paul Stuart et Mallarmé

 

Salut,ô gai printemps, c'est la saison nouvelle,

Saison du gazon vert et des riantes fleurs,

Les champs vont se parer de leurs mille couleurs,

Et Ninon, chaque jour, me paraîtra plus belle.



Et j'entendrai, ravi, comme un chant, un bruit d'aile

M'annonçant que les ris vont se succéder aux pleurs,

Car, avec le soleil et ses douces chaleurs,

Je verrai revenir la frileuse hirondelle.



Alors, j'irai joyeux au pays des oublis

Cueillir jasmins, lilas, muguets, roses et lys,

En murmurant tout bas une chanson légère;

 

Je chanterai l'amour, le vin, le bon vieux temps...

Et le soir, avec moi, dans le bois solitaire,

Les oiseaux et les fleurs chanteront le printemps.

 

Alger, décembre 1892. 

 

Sonnet retrouvé dans les papiers de Mallarmé.