Surfiguration
" Pendant un instant, ils la regardèrent hébétés, comme s'il s'était agi d'une inconnue. Elle ressemblait à une prostituée de haut vol. On aurait cru aussi une folle venant de recevoir une raclée afin d'être calmée, ou bien une mendiante à qui l'on avait mystérieusement donné une pièce d'or. Son expression frôlait cette extase qu'on ne connaît qu'une fois dans sa vie." Diamela Eltit, Quart-monde.
Pastel sur papier © Jacques Cauda 2012
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Le petit XXème arrondissement © Jacques Cauda 2012
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Caresses, pastels sur papier,© Jacques Cauda 2012
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"Il avait un regard de loup. La fixité, l'acuité de ses prunelles, le feu jaune dont elles flambaient, imposait la comparaison. On parlait à un peintre et tout à coup le peintre se muait en un mystérieux carnassier dont les mâchoires, pour peu qu'on y prît garde, grinçaient instinctivement, se contractaient." Francis Carco, À voix basse.
Nue en chemise, pastel, © Jacques Cauda 2012
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À lire sur Bloganozart:
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© Jacques Cauda 2012
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Gil Scott Heron, encre et pastel © Jacques Cauda
You will not be able to stay home, brother. You will not be able to plug in, turn on and cop out. You will not be able to lose yourself on skag and skip, Skip out for beer during commercials, Because the revolution will not be televised. The revolution will not be televised. The revolution will not be brought to you by Xerox In 4 parts without commercial interruptions. The revolution will not show you pictures of Nixon blowing a bugle and leading a charge by John Mitchell, General Abrams and Spiro Agnew to eat hog maws confiscated from a Harlem sanctuary. The revolution will not be televised. The revolution will not be brought to you by the Schaefer Award Theatre and will not star Natalie Woods and Steve McQueen or Bullwinkle and Julia. The revolution will not give your mouth sex appeal. The revolution will not get rid of the nubs. The revolution will not make you look five pounds thinner, because the revolution will not be televised, Brother. There will be no pictures of you and Willie May pushing that shopping cart down the block on the dead run, or trying to slide that color television into a stolen ambulance. NBC will not be able predict the winner at 8:32 or report from 29 districts. The revolution will not be televised. There will be no pictures of pigs shooting down brothers in the instant replay. There will be no pictures of pigs shooting down brothers in the instant replay. There will be no pictures of Whitney Young being run out of Harlem on a rail with a brand new process. There will be no slow motion or still life of Roy Wilkens strolling through Watts in a Red, Black and Green liberation jumpsuit that he had been saving For just the proper occasion. Green Acres, The Beverly Hillbillies, and Hooterville Junction will no longer be so damned relevant, and women will not care if Dick finally gets down with Jane on Search for Tomorrow because Black people will be in the street looking for a brighter day. The revolution will not be televised. There will be no highlights on the eleven o'clock news and no pictures of hairy armed women liberationists and Jackie Onassis blowing her nose. The theme song will not be written by Jim Webb, Francis Scott Key, nor sung by Glen Campbell, Tom Jones, Johnny Cash, Englebert Humperdink, or the Rare Earth. The revolution will not be televised. The revolution will not be right back after a message bbout a white tornado, white lightning, or white people. You will not have to worry about a dove in your bedroom, a tiger in your tank, or the giant in your toilet bowl. The revolution will not go better with Coke. The revolution will not fight the germs that may cause bad breath. The revolution will put you in the driver's seat. The revolution will not be televised, will not be televised, will not be televised, will not be televised. The revolution will be no re-run brothers; The revolution will be live.
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Duke Ellington, encre, crayon et pastel © Jacques Cauda
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Hôpital Cochin, Paris, encre, crayon et pastel © Jacques Cauda
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La métafisix
La vérité passe souvent pour être invraisemblable. Quand j’étais enfant, je me prenais pour un mouton, plus exactement pour un agneau. Je me mettais à quatre pattes et je bêlais jusqu’à ce que ma mère vienne me donner le sein. J’avais peur et je craignais d’être dévoré dès que j’apercevais quelqu’un que je ne connaissais pas. Heureusement cela se déroulait toujours au domicile de mes parents, et cela donnait l’occasion à ma mère de se mettre en valeur devant beaucoup d’inconnus qui venaient la visiter lorsque mon père était absent. Ma mère avait toujours réussi à cacher à mon père mon attitude jusqu’au jour où ils décidèrent de passer ensemble quelques jours en Angleterre pendant les vacances de Pâques. J’avais six ans et dès la Manche traversée, je bêlais à faire hurler les passants pourtant réputés flegmatiques. Ils parlaient tous une langue dévorante et inconnue qui me rendait mouton. C’était épouvantable, ma mère courait seins nus dans la rue et mon père se collait à elle pour cacher le scandale que nous formions tous les deux. Le soir même, ma mère obtint un rendez-vous chez le le célèbre professeur Easter, collaborateur du non moins célèbre Professeur Winnicot .
J’entrai bêlant et à quatre pattes dans le bureau du Professeur suivi par ma mère qui n’osait pas encore se montrer. J’entrais mort de peur, m’attendant à trouver un grand type, un barbare vêtu de blanc et parlant une langue dévorante, un ogre ceint d’un grand tablier de boucher et trônant au milieu d’ objets terrifiants, scalpels, scies, grands couteaux, chignoles, que sais-je encore ? Au lieu de ça, j’étais au centre d’un véritable cabinet de curiosités, un nid d’esthète, un home choisi par des Esseintes, une caverne de collectionneur conseillé par André Breton, et devant moi se tenait un petit bonhomme très élégant, vêtu de tweed et arborant une petite moustache comme j’avais vu David Niven la porter dans Les Canons de Navarone. Je regardais ma mère assise au dessus de moi qui restais à quatre pattes sur l’épaisse moquette très anglaise qui recouvrait le sol. Et je vis qu’elle aussi rayonnait dans cet univers où sa plastique d’ancien modèle des beaux arts retrouvait ses marques. Ses seins qu’elle avait dénudés respiraient très fort pendant que je la tétais, et tandis qu’elle exposait mon cas du mieux qu’elle le pouvait dans un anglais assez approximatif mais tout aussi terrifiant. Le professeur l’écoutait, tout sourire et me regardait amusé. Presque attendri par mon attitude, surtout par mes yeux qui roulaient découvrant les tableaux, les statuettes, les masques et les objets insolites qu’il y avait tout autour de moi. Un grand Dubuffet attirait surtout mon attention, La Métafisix, une huile d’une mètre sur presque un mètre qui représentait l’invisible en chacun de nous, un corps géant surmonté d’un crâne, un corps dont on voyait l’intérieur quasi intestinal, méandreux et dans la couleur brunâtre, ocre du transit.
- Connaissez-vous cette légende, dit le Professeur, après un long silence, dans un français parfait à peine teinté d’accent, c’est une vieille légende d’ici, je veux dire du Kent. La voici : « Un homme des environs avait l’habitude d’aller chercher du bois de chauffage en forêt. Un jour, il rencontre, comment vous dîtes le fils du mouton en français ?
- Un agneau, répondit ma mère.
Oui, un agneau, n’est-ce pas, qui s’était échappé de je ne sais quel pacage. Il l’attrape et le tue, car il n’était pas bien riche, c’était un repas. Pourtant, il décide de ne pas le rapporter chez lui le jour même mais de le cacher dans un fossé qu’il recouvre de branchages. Malheureusement, il oublie l’endroit où il l’avait caché, si bien qu’il croit avoir rêvé. Un soir plus tard, à la taverne du village, il raconte son histoire à un ami, qui le lendemain file dans la forêt et découvre l’agneau sous les branches.
Une fois chez lui, l’ami raconte ce qui lui est arrivé à sa femme : John m’a dit hier soir qu’il avait rêvé avoir tué un agneau dans la forêt, mais qu’il avait oublié l’endroit exact où il l’avait laissé et où moi je l’ai trouvé aujourd’hui. Son rêve était donc la réalité. Sa femme lui dit : ne serait-ce pas toi qui en rêve as vu ton ami ramasser du bois et ainsi découvrir où était l’agneau. Quant à savoir d’où t’es venue cette idée, qui peut le dire ? Mais dans la réalité, tu as trouvé un agneau, ton rêve se révèle donc véridique. L’homme lui répond : j’ai trouvé un agneau. Que m’importe de savoir si ce fut l’autre ou moi qui avons rêvé. »
Bien des années plus tard, je retrouvais l’esprit de cette histoire dans l’un des films de Minelli, dont j’ai oublié le titre… En revanche, je me souviens fort bien de celle qui m’accompagnait à la Cinémathèque ce soir-là, elle se prénommait Denise. Et elle avait les seins si gros et si blancs, qu’ils avaient fait tache dans la salle obscure comme le péché originel dans l’histoire de l’humanité.
Denise, pastel © Jacques Cauda
















